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    "La vie après la drogue"

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    "De la drogue à l’espérance"

Arrêter la drogue

Nos trois piliers : travail, amitié, quête de Dieu

Le travail

atelierRetrouver confiance en soi

  •  Apprendre la responsabilité
  • Goûter la satisfaction d’un travail bien fait
  • Reprendre un rythme de travail
  • Retrouver le sens de l’effort

Les différents travaux
Une pédagogie du travail
Les cours

Ces moments d’échange, source d’enrichissement pour tous, sont également l’occasion de consolider la cohésion et les relations vraies au sein de la maison.

Les différents travaux

  • le travail d’entretien, comme on le ferait chez soi ( nettoyage des locaux, rangement, réparations, préparation des repas… ) : le jeune participe aux tâches quotidiennes de la vie familiale, et développe le sens de la vie sociale.
  • le travail de la ferme (potager, animaux …) : le jeune redécouvre la nature et apprend à la respecter. Il acquiert la patience, le sens de l’observation et de la régularité… les animaux doivent être nourris tous les jours !
  • les chantiers de construction ou de rénovation, où le jeune découvre, et se familiarise avec les métiers du bâtiment, principalement la maçonnerie.
  • l’artisanat : les activités diffèrent en fonction des lieux, des équipements, et des enseignants disponibles : théâtre, chant, musique, poterie, pâtisserie… et l’apprentissage de savoir-faire particuliers. Le jeune y découvre ses capacités propres, par la concentration, l’application. C’est aussi un lieu d’expression et d’initiatives.

atelier1Une pédagogie du travail

Toutefois, l’éducation serait incomplète sans la mention d’un principe incontournable : tout travail comporte invariablement trois parties, « avant » « pendant » et « après ».

« L’avant » sera la préparation du matériel, des ingrédients, et l’organisation de l’ordre des opérations. En d’autres termes : que dois-je faire? avec quoi? comment et quand? En effet l’absence de préparation génère toujours du temps perdu et de l’énergie gaspillée.

« Le pendant » qui est le cœur même de l’activité et où la rigueur se développe : application et sérieux de la réalisation – respect des règles spécifiques – souci de l’harmonie entre la réalisation personnelle et l’œuvre d’ensemble.

« L’après », c’est la remise en état correct, le rangement du matériel utilisé et des locaux concernés. Un travail ne devrait jamais être considéré comme terminé si cette dernière phase n’est pas réalisée.

Un jeune, par l’habitude du respect de ces différentes étapes et de la rigueur dans leur réalisation, complétée par une bonne restructuration psychologique, aura alors de sérieux atouts pour devenir potentiellement employable en vue d’une réinsertion durable.

SJE jardinier 2

Les cours

Notre travail de restructuration passe également par l’activité intellectuelle. Nous organisons des cours réguliers, sous forme de:

  • cours de remise à niveau scolaire
  • séances d’information : gestion de budget, formulaires administratifs, fonctionnement de la Sécurité Sociale ou d’autres organismes sociaux: RMI…
  • séances de réflexion sur la personne humaine
  • cours de catéchèse pour ceux qui le demandent

L’amitié

Nous veillons tout particulièrement à ce que chacun fasse l’expérience de l’amitié dans sa vie.

Le jeune découvre ainsi parmi les frères et les autres personnes accueillies, parmi les bénévoles ou les accompagnateurs salariés, des amis, des personnes qui l’aiment, capables de prendre du temps pour lui, de l’écouter, mais aussi de le reprendre avec fermeté. Nous souhaitons qu’il vive cette expérience nécessaire et salutaire, l’expérience de l’amitié, si difficile et si périlleuse pour des personnes si blessées.

« Guérir » un toxicomane, c’est réveiller et redémarrer la croissance de sa personne.
Essayons de comprendre ce que nous découvrons empiriquement, à savoir la primauté de l’amitié.
La drogue stoppe la maturité de l’individu, c’est-à-dire la croissance de sa personne, en l’empêchant d’intégrer ses passions et donc de vivre au niveau de son esprit. Ainsi un jeune toxicomane de 25-30 ans se comporte comme un gosse : il vit au niveau de ses pulsions, de ses sentiments, de ce qui lui fait plaisir. Or la personne se noue dans des choix, des choix humains, personnels et finalisés. Il faut réapprendre à nos jeunes à choisir, et choisir ce qui est bon pour eux malgré tous les obstacles, toutes les luttes et les tempêtes intérieures.

Cela commence par de petits actes, de petits choix comme celui de faire la vaisselle, le ménage ou son lit. Responsabilité et choix vont de pair.
Cela commence par la responsabilité de petites choses matérielles, puis de tel chantier, ensuite d’épauler tel jeune qui vient d’arriver… et finalement prendre sur soi pour porter l’autre…
Ce qui est « thérapeutique », c’est ce choix, tous ces petits choix personnels. Et le choix le plus explicite, le plus personnel, celui qui révèle et noue la personne, c’est le choix de l’aimer, c’est-à-dire le choix d’aimer.
La communauté est un moyen idéal comme cadre de vie pour nous pousser à faire ce choix en toute vérité, car on vit 24h/24 avec des gens qu’on n’a pas choisis au départ, pour qui on n’a aucune attirance. Pourtant il faudra se choisir mutuellement à un moment ou un autre pour que la vie communautaire ne soit pas un fardeau. Ainsi, il n’y a pas d’autre porte de sortie que de fuir ou de choisir ! Cette liberté permet au jeune de grandir en acte et en vérité.

Notre pédagogie se fonde sur le choix de la personne, dont l’expression la plus nette est le choix amical. Ce qui est thérapeutique, c’est le choix personnel, et cela fait grandir le jeune vers une guérison intérieure.

La communauté en tant que telle n’est pas thérapeutique mais elle est un cadre qui va pousser les jeunes à se marcher sur les pieds, se pardonner, se corriger dans leur comportement pour s’aimer. Les moments de détente sont un excellent moyen pour se rencontrer, se connaître.  Dans ce domaine, les jeunes parlent souvent de « s’éclater », reconnaissant ainsi implicitement que « ça part un peu dans tous les sens… ». D’où, là aussi, une nécessaire pédagogie pour canaliser les énergies et faire que « détente » ne soit pas synonyme de laisser-aller.

  • Temps de détente quotidiens : le repas est un moment de détente communautaire; au milieu de la journée et le soir sont prévus des temps libres personnels.
  • Temps de détente hebdomadaires : le sport et la journée du Dimanche sont les deux principaux moments de détente de la semaine. Le sport est essentiellement collectif. Le Dimanche, il est bon d’alterner entre activités organisées — afin de donner des idées, obliger à bouger, favoriser la cohésion — et activités choisies par les jeunes, obligeant ces derniers à être inventifs et actifs. Cette dernière formule exige beaucoup d’attention, afin que les uns et les autres ne tombent pas dans une oisiveté néfaste.
  • Temps de détente exceptionnels : il s’agit des vacances, une semaine à l’extérieur des lieux de vie, deux à trois fois par an, en communauté. Les exigences de la maison sont maintenues, mais c’est l’occasion de se retrouver dans un autre cadre, et avec des horaires plus souples. C’est aussi la possibilité d’impliquer davantage les jeunes. Ce sont leurs vacances, et ils ont la responsabilité de les organiser.

Par ailleurs, individuellement, il est possible à l’un ou l’autre de prendre un temps de recul par rapport à la maison, et de passer un week-end ou une semaine chez lui ou dans une famille d’accueil.

Cette possibilité est étudiée au cas par cas, mais ne peut survenir avant trois mois passés dans la maison.6

La quête de Dieu

C’est notre conviction de chrétiens, laïcs et religieux, que l’homme a été créé par Dieu et qu’il aspire, consciemment ou non, à trouver en lui la plénitude. Il est donc de notre responsabilité d’en témoigner, avec enthousiasme mais aussi avec discernement.

Témoigner avec enthousiasme

Il s’agit pour nous, avec les jeunes accueillis :

  • de vivre en enfants de Dieu « venez et voyez »…, témoignant de l’amour du Père, et vivant une grande charité fraternelle.
  • de donner à chacun, en toute liberté, l’occasion d’une rencontre avec le Christ.
  • d’aider ceux qui veulent aller plus loin dans cette découverte ou approfondir leur recherche spirituelle.

L’ensemble des activités de nos maisons repose sur cette démarche. Dans la pratique, un éclat particulier est donné aux grandes fêtes religieuses, tandis que pour le quotidien, il est demandé de suivre avec les autres le rythme familial de la prière du matin et du soir.5

Témoigner avec discernement

Si l’aspect spirituel est fondamental dans notre mission, c’est aussi le plus délicat.  En effet, quelle que soit la générosité de l’intention, les maladresses ou les excès peuvent conduire à des incompréhensions, voire à une profonde désorientation. Il est donc primordial que notre témoignage s’effectue dans la paix des cœurs. Pour cela, il nous faut :

  • chercher à partager notre foi et non à l’imposer, en respectant les limitations d’ordre confessionnel
  • être attentifs à écarter tout ce qui pourrait ressembler, de près ou de loin, à du prosélytisme ou à de la pression psychologique, d’autant plus que les jeunes accueillis sont fragiles et vulnérables dans ce domaine
  • veiller simplement à la qualité de notre présence et de notre prière
  • s’astreindre à garder sobriété et discrétion quant à la quantité de représentations religieuses affichées

Enthousiasme et discrétion peuvent paraître contradictoires, mais l’un et l’autre sont nécessaires pour que les jeunes accueillis se sentent en confiance : notre témoignage pourra parfois alors porter ses fruits.
« Nous les aimons tels qu’ils sont. Non pas pour notre gloire, ou pour la réussite de l’œuvre que nous faisons. Nous les aimons pour que l’œuvre de Dieu se réalise en eux » (Charte de Saint Jean Espérance).

Une grande leçon

Le jeune qui arrive, dépossédé de tout, dépossédé de lui-même, a perdu jusqu’à sa volonté de vivre et son identité. Pourtant il a la possibilité de sortir de la drogue et de se reconstruire.
Le premier travail pour lui, est de retrouver le goût et le désir de refaire surface, de laisser remonter en lui l’élan vital, l’espoir d’aller mieux, de vivre, d’être mieux.  En même temps, le jeune blessé par la drogue doit prendre conscience de sa fragilité et reconnaître qu’il lui faudra du temps pour la surmonter.  Il lui faut ensuite structurer sa personne, que la drogue a abîmée ou détruite. Il apprend alors à discerner où est son bien véritable.
Mais en profondeur, la vraie découverte est toujours : « Dieu m’aime, il est miséricordieux, je peux faire confiance… et ceux qui sont avec moi me le prouvent quotidiennement, je peux compter sur eux.»  « Je choisis les petits et les faibles pour publier ma gloire » : c’est finalement la grande leçon que Marie, dans sa miséricorde, donne à ceux qui se dévouent pour Saint Jean Espérance, et, au-delà, à chacun d’entre nous.

La prière, est-ce le remède pour sortir de la drogue ?

Est-ce nécessaire pour en sortir ?
La drogue n’est pas une maladie, qu’on guérirait donc avec des remèdes, des médicaments. Il n’y a pas de remède miracle, pas de médicaments anti-drogue, pas de méthode absolue. Quitter la drogue ce n’est pas chasser un virus ou soigner des neurones. C’est d’abord changer de vie.  La drogue c’est la prise d’un produit, certes, mais c’est aussi un mode de vie intérieure.
Pour le Professeur Olivenstein : «la toxicomanie c’est la rencontre d’un individu, d’un produit, et d’un moment socio-culturel».

Sortir de la drogue c’est donc arrêter de consommer, fouiller le passé de sa vie pour accéder au pardon et changer de culture, d’habitudes. Changer sa manière de se voir, de voir le monde, de voir les autres, de voir la vie. Quitter ce refus constant du réel, cette fuite en avant de soi-même et des autres, ce monde virtuel que le toxicomane se construit.
C’est choisir la vérité, la vie, les autres.

Donc la prière ne peut être un remède. Alors pourquoi prie-t-on ?
Nous prions car cela fait partie de la vie, de la personne humaine. La recherche de Dieu, le désir de Dieu nous élève et nous fait tenir droit. Non comme une béquille pour boiteux, mais comme ce qui est le couronnement de la personne, son épanouissement, sa noblesse la plus grande.

Nous l’avons dit : sortir de la drogue est beaucoup plus qu’arrêter un produit en luttant contre la tentation d’en prendre, c’est devenir une personne humaine. C’est pourquoi, si Dieu me fait devenir une personne, du même coup il me tire de la drogue !